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Mercredi 7 juillet 2010 - Contribution des entreprises du jeu vidéo à la consultation publique sur le Grand emprunt
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Le jeu vidéo, secteur stratégique pour la France !
Fondés il y a quelques vingt ans, Epic aux Etats Unis, A2M au Canada ou Climax en Angleterre font aujourd'hui parti des plus grandes sociétés mondiales de création de jeux vidéo. On pourrait nommer bien d'autres exemples de développeurs « historiques » à succès et pérennes dans ces pays.
Si l’on peut dire que la France est un des grands pays du jeu vidéo avec des éditeurs internationaux de premier plan comme Ubisoft ou Vivendi par sa filiale Activision Blizzard, la réalité du développement y est quant à elle bien moins florissante. Il n'y a que trop peu de développeurs indépendants établis depuis plus de vingt ans et aucun d’entre eux n’est véritablement au rang des plus grands mondiaux, capables d'attirer les contrats des éditeurs internationaux du top 10 et de mobiliser l’attention des joueurs à travers le monde.
Bien entendu, quelques studios français plus récents sont aujourd’hui dans l’antichambre de cette cour internationale et nous nous en réjouissons mais ils sont trop peu nombreux. La majorité d’entre eux vit, grâce à quelques plus petits éditeurs français ou européens dynamiques, au gré des fortunes de chacun et aussi du respect de l'éthique et d'une maturité plus ou moins grande de leurs partenaires.
Côté studios internes des grands éditeurs français, Activision Blizzard a son centre de décision en Californie et ne voit pas la France comme un pays intéressant pour ses développements et Ubisoft qui possède de remarquables équipes françaises, mieux accueillie pour y prospérer dans les différentes provinces canadiennes ou en Asie qu'elle ne l'est sur son propre territoire.
Pourtant ce secteur revêt, de par les savoir‐faire qui s’y développent (technologies de l’image 3D, nouvelles interfaces homme/machine, architectures réseaux, ...), un caractère stratégique pour le développement d’une économie numérique florissante en France et donc la création de nos richesses et de nos emplois de demain. Sans compter l’importante contribution du secteur du jeu vidéo à la construction d’un patrimoine culturel d’avenir.
Malgré cela, le développement traditionnel de jeux vidéo dans notre pays est dans un état critique et en seulement 10 ans, notre industrie a perdu 50% de ses effectifs du fait des incitations fiscales et sociales du Canada et de la Corée notamment. Cette situation est‐elle une fatalité? Certainement pas.
Nous croyons d’abord au marché. Et nous portons beaucoup d’espoir vers les mutations du web, du mobile et des écosystèmes des consoles. Ce moment particulier de l’histoire du jeu vidéo rebat les cartes et recèle de nombreuses opportunités, car c’est dans les jeux en ligne et sur ces nouveaux modèles que se forge l’avenir du secteur. Les taux de croissance actuels de ces marchés (30% en 2009 et des prévisions identiques jusqu’en 2014) témoignent d’une très forte vitalité du jeu vidéo sur ces nouveaux marchés. Les jeux vidéo pénètrent ainsi jusqu’aux réseaux sociaux et aux mobiles et toutes les générations jouent, femmes en tête. La convergence des médias autour du jeu vidéo est également un phénomène attractif et donne lieu à l’émergence d’un nouveau genre de productions et de nouvelles expériences utilisateurs créatrices de valeur. Ces évolutions du jeu vidéo vers le médium global de divertissement, Media 2.0 représentent une des plus grandes opportunités que les développeurs français sont en train de saisir. Ces entreprises sont en bonne santé mais disposent de moyens modestes pour leur permettre d’investir durablement ces marchés, à l’heure où les places de leaders doivent être prises très rapidement.
Ainsi, pour qu’ils puissent être les acteurs majeurs de ces mutations et devenir ainsi de véritables compétiteurs internationaux, il est important non seulement d’alléger les contraintes qui pèsent sur les structures mais surtout de leur permettre de mettre à niveau leurs outils de production pour engager de nouvelles productions originales grâce à des mécanismes de co-financement adaptés qui leur permettront de passer avec succès les différents stades de croissance grâce à une capacité d’investissement décuplée.
Et il y a urgence, à la veille de l’emprunt national que le gouvernement s'apprête à lancer, de rappeler que nous représentons la première industrie culturelle dans le monde et que la France compte plus de 25 millions de joueurs. Cette industrie créative est une industrie d'avenir, porteuse de savoir faire technologiques et artistiques, de compétitivité internationale et de création d'emplois. Oui, le jeu vidéo représente un secteur stratégique pour la France, et dans ce contexte un investissement clé pour notre pays ! En toute logique, une partie des fonds de l’emprunt national devra être fléchée vers notre secteur.
Le Syndicat National du Jeu Vidéo, organisation professionnelle représentant les développeurs de jeux vidéo préconise que cet investissement puisse se faire dans les formes évoquées dans ce document.
Nicolas Gaume
Président
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